Page 13 - Ville verticale
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Introduction  11

   L’inquiétude à propos de la sécurité technique des
bâtiments élevés, qu’il s’agisse de se protéger des oura-
gans, des incendies ou des tremblements de terre s’est
aussi dissipée, tout comme la crainte de la voiture ou de
l’avion. Elle est à mettre en balance avec, par exemple,
la protection contre les grands incendies urbains ou
encore la sécurité des personnes et la prévention face à
la recrudescence des inondations.

   Paradoxalement, la prévention de la criminalité et
la sécurité contre l’attentat sont en réalité socialement
plus acceptables et plus aisées à gérer verticalement
qu’en surface 6, tout comme la définition des risques à
prendre en compte et les réponses appropriées, ainsi
que nous le verrons au chapitre IV 7.

   La question de la nécessité de la ville verticale renvoie
essentiellement à l’augmentation de l’occupation du sol
par les constructions, en conséquence de l’augmenta-
tion de la population mondiale et de la pression environ-
nementale que cette occupation exerce sur la nature au
sens large.

   Alors qu’il y a un siècle encore les espaces natu-
rels et agricoles formaient partout un continuum dans
lequel les zones bâties s’inscrivaient ponctuellement (et
étaient reliées par des voies de communication de faible
largeur n’entravant pas le passage de la faune), de vastes
territoires, tels que la Belgique, sont devenus des conti-

6	C’est la mauvaise raison de l’engouement pour les tours dans les
     villes à grande criminalité.

7	 Sauf à recourir aux murailles sécurisées encerclant les quartiers (et
     condominium) et le sentiment d’exclusion qui en découle.
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